samedi 18 novembre 2017

Les blasons des métiers et corporations #14 - Wiener Gewerbewappen - les blasons des Guildes de marchands à Vienne en Autriche (IV)

ancienne enseigne d'un prothésiste dentaire en Autriche
avec les armoiries impériales (fin XIXe - début XXe s.)
  R 󠀡etour sur le sujet que j'avais débuté il y a plusieurs mois, en poursuivant la découverte d'une héraldique très spécifique : celle des Guildes de métiers, artisans et marchands qui avaient une activité dans la capitale autrichienne Vienne aux alentours de l'année 1900.  Ces délicieuses images d'un autre temps, sont l’œuvre du peintre héraldiste autrichien Hugo Gerard Ströhl (1851 – 1919), sans doute l'un des plus grands parmi les artistes que l'on connaisse, tous pays confondus, dans cet art. Mais je vous ai déjà expliqué tout cela dans le premier volet  (voir → ICI).

  En marge de l'héraldique, nous allons aussi apprendre davantage de l'onomastique, une branche de l'étymologie qui nous donne en particulier la provenance de nombreux noms de famille d'origine germanique, mais qui ont essaimé dans le monde entier.
  Voici donc 14 nouveaux métiers : ils sont toujours d'actualité, surtout ceux qui touchent à l'alimentation et à l'artisanat. D'autres ont évolué avec l'industrialisation, la mécanisation et les avancées technologiques, mais aucun n'a réellement disparu.






Kleidermacher   -  Tailleurs


 • L'écusson placé au-dessus des ciseaux de tailleur est aux armes de la ville de Vienne : "de gueules à la croix d'argent".





Bildhauer  -  Sculpteurs


• Le champ de l'écu :  "de gueules à la croix d'argent", est basé sur celui des armes de la ville de Vienne. Au cœur un écusson brochant "de gueules à trois écussons d'argent, posés 2 et 1" représente de façon assez universelle et abstraite les activités artistiques : peinture, sculpture, arts plastiques. Dans les cantons sont placés des exemples de sculptures : buste d'homme barbu et chapiteau de colonne antiques et aussi des outils de sculpteurs.





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dimanche 12 novembre 2017

Capitales du monde : Berlin *Fünfte*, l'ours superstar des graphistes

 
 J e reviens (encore) une nouvelle fois (*Fünfte*= cinquième en allemand), sur ce thème consacré au symbole mondialement connu de la ville de Berlin (voir le premier volet → ICI). En effet, le "Berliner Bär" (l'ours berlinois, en français) d'origine héraldique, né à la fin du XIIIe siècle, décliné à l'infini sur toute sorte de supports, est une vraie star chez les graphistes et les designers, et pas seulement allemands comme nous allons le voir.
Blason de Berlin successivement : en version originale à gauche, puis en version panneau routier d’avertissement et enfin en négatif surnommé "Eisbär" (l' ours polaire), des fantaisies de graphistes visiblement addicts à l'open (berliner) Bär !
et ci-dessous encore des graphismes étudiés pour orner t-shirts et autres objets de la mode

🐻 Cette fois nous allons passer en revue quelques échantillons de réutilisations graphiques actuelles ou récentes dans le branding (l'imagerie de marques commerciales, d'associations, d'administrations ou institutions), dans le marketing et la publicité et aussi quelques détournements amusants comme celui du faux panneau de signalisation routière, ci-dessus.


Le Berliner Bär , image de marque (s)


T-shirt avec motif spécial dédié à Berlin  
marque d'articles de maroquinerie "vintage"

logo de la marque de bière "Berliner Pilsner"
Rond à bière d'une marque brassée et vendue en Grèce
logo de la marque de bière "Berliner Bären Bräu" avec un dessin d'écu
cette fois non inspiré de celui des armes de la ville

le logo du plus grand quotidien berlinois créé en 1945 avec sa célèbre police fraktur
... celui d'un autre tabloïd régional berlinois
...et une maison d'édition de Berlin créée en 1994,  avec un ours passant

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samedi 4 novembre 2017

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Languedoc - le pays d'Albigeois

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Languedoc.  Après le premier chapitre consacré à la Sénéchaussée de Toulouse, nous nous déplaçons juste à côté dans les pays de l'Albigeois et du Castrais. Voici donc le deuxième chapitre .


     Revenir à l'épisode précédent →





Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 






Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XIV  -  Languedoc 1ère partie  
       Armorial Général de France  -  volume XV  -  Languedoc  2e partie  (BNF Paris)


Albi (Tarn)

La tour à deux portes symbolise l'ancienne cité fortifiée, protégée le jour (le soleil) et la nuit (la lune) par le léopard, symbole de courage et de vigilance. La crosse épiscopale, remplacée à la fin du XVIIIe siècle par une croix archiépiscopale (l'évêché d'Albi fut érigé en archevêché le 3 octobre 1678) représente le pouvoir des Comtes Archevêques d'Albi. A noter que sur le dessin de d'Hozier cette crosse/croix est absente.


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samedi 28 octobre 2017

Top 10 des plus grandes villes de Catalogne avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.


  Nous vivons actuellement un moment historique en Europe, quand l'unité territoriale d'un pays voisin: l'Espagne que l'on croyait définitive est soudain ébranlée par un acte politique assimilable à un grand "saut dans le vide", mais qui pourrait donner des idées et se communiquer à d'autres régions en Europe et ailleurs. Je vous propose de découvrir, mais sans prendre position pour les arguments des uns ni des autres, un territoire qui vient de déclarer le 27 octobre 2017 son indépendance : la Catalogne.






Voici donc les 10 plus grandes villes, plus exactement les communes (municipis) en terme de population (chiffres : 2016).




1 - BARCELONE / Barcelona

capitale de la Communauté autonome de Catalogne, siège de la Généralité (Generalitat de Catalunya) et capitale de la province de Barcelone -  1 608 750 habitants

ancienneté des armoiries : 1345 
dessin actuel approuvé en 2004




2 - L'HOSPITALET DE LLOBREGAT

commune de la province de Barcelone, située dans l'aire métropolitaine de la ville de Barcelone - 254 800 habitants


armoiries adoptées en 1986




3 - BADALONA

commune de la province de Barcelone, située dans l'aire métropolitaine de la ville de Barcelone - 215 630 habitants

armoiries adoptées en 1914



4 - TERRASSA

commune de la province de Barcelone, située dans la comarque (comarca) de Vallès Occidental - 215 120 habitants


origine médiévale du symbole du château (sceaux)
armoiries actuelles adoptées en 1988



5 - SABADELL

commune de la province de Barcelone, située dans la comarque de Vallès Occidental - 208 250 habitants


ancienneté du symbole de l'oignon (ceba en catalan): 1468 (sceau)
armoiries actuelles adoptées en 1992



6 - LÉRIDA / Lleida

capitale de la province de Lérida / Lleida - 138 140 habitants






7 - TARRAGONE / Tarragona

capitale de la province de Tarragone - 131 190 habitants


ancienneté des armoiries  : XIVe siècle
armoiries actuelles adoptées en 1892


8 - MATARÓ

commune de la province de Barcelone, située dans la comarque de Maresme - 125 520 habitants


ancienneté des armoiries : antérieures à 1957



9 - SANTA COLOMA DE GRAMENET

commune de la province de Barcelone, située dans l'aire métropolitaine de la ville de Barcelone - 117 150 habitants

armoiries adoptées en 1974





10 - REUS

commune de la province de Tarragone, située dans la comarque de Baix Camp - 103 615 habitants.


ancienneté du symbole de la rose : 1349
armoiries actualisées en 1998



Armoiries de la ville de Gérone / Girona
capitale de la Province du même nom, et
11ème ville de Catalogne (98.255 hab.)
montrant encore  "un escut caironat"
chargé de "la Senyera Reial"
mais timbré néanmoins d'une couronne
 royale espagnole, en tant que capitale
de province.
 Clin d’œil insolite et.. insolent !
voici un escut caironat affecté
aux armoiries de Madrid, la capitale
révoquée par les séparatistes catalans
( idée du designer : SanchoPanzaXXI)
• La forme particulière des écus catalans (7 /10 dans ce Top 10) porte le qualificatif en langue catalane de "caironat" (♦ un escut caironat). Intraduisible mot pour mot en français, ce terme héraldique caractérise un bouclier ou un écu carré reposant sur un de ses angles. L'expression équivalente en français souvent utilisée:  "écu en losange" n'est pas vraiment ici appropriée (alors que les écus en losange, mais avec de vrais losanges, attribués généralement aux dames et aux demoiselles ont toujours existé, voir → ICI ). En effet, un (une, en héraldique) losange n'a pas d'angles droits, même si le carré est une forme spécifique de losange avec quatre angles égaux. Le fait qu'un carré soit posé sur un de ses angles ne le transforme pas en losange, de même qu'un losange n'est pas automatiquement posé sur un de ses angles mais peut être aussi posé sur un côté, en tant que parallélogramme !
  Utilisés en Aragon depuis le Moyen-âge pour les villes, puis peu à peu délaissés pour des formes plus conventionnelles, dans le royaume d'Espagne, ces écus carrés (caironat) ont retrouvé peu à peu leur place comme un symbole de l'identité catalane. À la demande d'Armand de Fluvià, conseiller héraldique de la Généralité de Catalogne, c'est ainsi que la majorité des emblèmes municipaux catalans ont été adoptés ou réactualisés depuis 1981.




portrait de Raimond Bérenger, Comte de Barcelone 
avec le bouclier aux armes de la senyera reial ,
 illustration du manuscrit : Genealogia regum Navarrae 
et Aragoniae et comitum Barchinonae, folio.34r
 Manuscrit 246, Biblioteca de Catalunya
















 • Mis à part le blason de la ville n°10, tous font référence à "la Senyera Reial", la signature royale "d'or aux quatre pals de gueules", un des plus anciens blasons d'Europe, apparu vers 1150 sur le sceau de Raimond-Bérenger IV, comte de Barcelone et prince consort d'Aragón et qui sera par la suite, transmis définitivement aux rois d'Aragón, ses descendants.
 Au XVIe siècle, une "légende des quatre barres de sang", lui donnera un caractère mythique, presque religieux, en faisant remonter son origine au premier comte de Barcelone, Guifred le Velu, blessé au combat en 870, dessiné avec son propre sang, par la main même du roi des Francs, Charles le Chauve, dans un grand élan de reconnaissance envers ce seigneur qui s'est mis en danger pour lui. Une belle légende qui perdure encore parfois, mais qui est  totalement fausse, car contredite par la certitude sur l'apparition des premières vraies armoiries pas avant le milieu du XIIe siècle.
la Communauté autonome de Catalogne
(jusqu'au 27 octobre 2017)

• La "senyal de la Generalitat de Catalunya" c'est-à-dire l'emblème de forme ovale et non pas carré cette fois, qui débute cette page au-dessus de la carte géographique est (était ?) l'emblème officiel du Gouvernement régional de Catalogne jusqu'à ce jour. Il a été adopté en 1981. Il est différent des armoiries de Communauté autonome de Catalogne, à l'écu de forme rectangulaire en tiers-point (à droite) et timbré de la couronne royale. Dans l'état actuel des choses ces dernières armoiries risques d'être rangées dans les archives de l'histoire, comme d'ailleurs certaines de ce Top 10 portant également des couronnes aristocratiques, le pays devant être proclamé en tant que République...


• Le divorce avec l'Espagne, sans consentement mutuel, a donc été prononcé hier le 27 octobre 2017. Après la Chypre turque, la Transnistrie, l'Abkhasie, l'Ossétie du Sud , l'Artsakh (ou Haut-Karabagh ), le Kosovo et récemment le Donbass de Donetsk et Lougansk, c'est donc un nouvel état autoproclamé qui nait en Europe dans un contexte conflictuel avec son "pays souverain" d'origine et qui demande une reconnaissance internationale qui est loin d'être gagnée ! A ce jeu-là, seul le Kosovo a su tirer son épingle et est reconnu par les trois quarts des nations du monde. Mais le Kosovo a vécu une guerre terrible pour arriver à ses fins sous protection de l'O.N.U. Pourvu qu'on trouve un compromis pacifique avec un heureux dénouement pour la sympathique Catalogne, et que les blindés restent dans les casernes.




A bientôt, pour un nouveau pays ...

Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI





          Herald Dick
 









  Lerida Mataro